Il était une fois…

Il était une fois une petite chaperonne rouge qui n’avait pas froid aux yeux Elle était bien décidée à ne plus se laisser berner.
Chaperonne s’était miraculeusement sortie de sa mauvaise posture avec le loup en lui fourrant dans sa grande gueule ouverte l’immense fromage sorti du panier apporté pour sa grand-mère. Le loup s’étouffa. Elle décida de s’enfuir et de ne pas retourner chez ses parents. Ceux-ci l’avaient envoyée toute seule dans la forêt sachant qu’un grand nombre de loups y vivaient. Elle devait se débrouiller? Eh bien voilà ce qu’elle allait faire à partir de maintenant : se débrouiller.
Ce n’est pas facile de vivre dans un conte, tout peut arriver. Personne ne l’avait prévenue. Elle s’était retrouvée dans une forêt avec un loup qui parle et vous séduit avec son sourire et ses beaux airs. On ne l’y reprendrait plus.
La forêt, les loups, la famille de bûcherons, c’était fini, terminé. D’abord, elle allait changer de nom. Non mais! Elle carburait à quoi sa mère quand elle avait choisi le nom de sa fille! Chaperon rouge! Donc, se choisir un nouveau nom, une nouvelle identité, une nouvelle vie.
Grandir, prendre des cours d’auto défense et même d’attaque. Puis, pourquoi ne pas ouvrir son entreprise de transport de marchandises? Après tout, elle avait déjà de  l’expérience dans le domaine.  Elle n’était pas sûre…Non, elle devait changer d’air, aller voir ailleurs.
Elle s’enfuit de la forêt le plus rapidement possible désirant éviter toute rencontre avec un loup, un ogre, une sorcière, un petit poucet, un chat botté ou toute autre créature de conte. Voilà ce qu’elle voulait : sortir du conte, de ce monde délirant et incroyablement dangereux. Mais aller ou et à qui se fier?
En sortant de la forêt elle se retrouva dans une clairière ou elle vit un petit lac. Elle décida de se baigner. Ça ne lui était jamais arrivé. Elle enleva tous ses vêtements et s’avança dans l’eau fraîche. C’était délicieux ce contact sur sa peau. Elle se mit naturellement à nager. Cette eau avait un effet étrange. Elle l’aidait à se révéler à elle-même, elle la dé-contisait! Elle ne serait plus chaperonne rouge. Elle s’appellerait Terre. Voilà un nom rassurant, solide. Avec un nom comme ça se dit-elle, je serai toujours dans mon élément.
Elle  se retrouva sur l’autre rive et comprit qu’en sortant du lac elle quittait le conte. Elle s’étendit quelques instants dans l’herbe pour se sécher puis décida de reprendre sa route en abandonnant tout derrière.  Elle était toute nue, toute seule, elle était affamée et le soir tombait. Mais elle était Terre. Le monde n’avait qu’à bien se tenir.

                                                                                                                 FullSizeRender (8)    MAM, sept 2014

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